Âgé de treize ans, le jeune Romain rêve d’une grande carrière artistique. Soutenu dans ce projet par sa mère, et après s’être essayé sans grand succès à la musique, la danse et la peinture, il décide finalement de se lancer dans la littérature.

C’est ainsi que la musique, la danse et la peinture successivement écartées, nous nous résignâmes à la littérature […]. Il ne nous restait plus maintenant, pour donner à nos rêves un début de réalisation, qu’à nous trouver un pseudonyme digne des chefs-d’œuvre que le monde attendait de nous. Je restais des journées entières dans ma chambre à noircir du papier de noms mirobolants. Ma mère passait parfois la tête à l’intérieur pour s’informer de l’état de mon inspiration. […]

– Alors ? […]

– Alexandre Natal. Armand de La Terre. Terral. Vasco de La Fernaye…

Cela continuait ainsi pendant des pages et des pages. Après chaque chapelet de noms, nous nous regardions, et nous hochions tous les deux la tête. Ce n’était pas ça – ce n’était pas ça du tout. Au fond, nous savions fort bien, l’un et l’autre, les noms qu’il nous fallait – malheureusement, ils étaient déjà tous pris. « Goethe » était déjà occupé, « Shakespeare » aussi, et « Victor Hugo » aussi. C’était pourtant ce que j’aurais voulu être pour elle, c’était cela que j’aurais voulu lui offrir. […]

– Roland de Chantecler, Romain de Mysore…

– Il vaut peut-être mieux prendre un nom sans particule, s’il y a encore une révolution, disait ma mère. […]

Elle écoutait avec une attention un peu anxieuse, et je sentais bien qu’aucun de ces noms ne lui suffisait, qu’aucun n’était assez beau pour moi. Peut-être cherchait-elle simplement à me donner courage et confiance dans mon destin. Sans doute savait-elle combien je souffrais d’être encore un enfant, de ne rien pouvoir pour elle, et peut-être avait-elle surpris mon regard anxieux, alors que, de notre balcon, je la voyais s’éloigner chaque matin dans l’avenue Shakespeare, avec sa canne, sa cigarette et la petite valise pleine de « bijoux de famille », et que nous nous demandions tous les deux si la broche ou la tabatière en or allaient trouver cette fois un acquéreur.

– Roland Campéador, Alain Brisard, Hubert de Longpré, Romain Cortès.

Je voyais bien à ses yeux que ce n’était pas encore ça, et j’en venais à me demander sérieusement si j’arriverais jamais à lui donner satisfaction. Bien plus tard, lorsque pour la première fois j’entendis à la radio le nom du général de Gaulle, au moment de son fameux appel, ma première réaction fut un mouvement de colère parce que je n’avais pas songé à inventer ce beau nom quinze ans plus tôt : Charles de Gaulle, cela aurait sûrement plu à ma mère, surtout si je l’avais écrit avec un seul « l ».
La vie est pavée d’occasions perdues.

01. Quel est le lien entre l'auteur, le narreteur et le personnage principal de cet extrait ? Justifiez votre réponse.

02.Qui est designe par le pronom nous dans le premier paragraphe ? Lisez bien le chapeau et le debut du texte pour repondre. Qu elle est l'effet ainsi cree par l'emploi de ce pronom ?

03.Identifiez deux temps du passe utilises dans ce texte. Relevez un exemple pour chacun d'eux et donnez leur valeur.

04. "la vie est pavee d'occasions perdues":quelle est la valeur du present de l'indicatif employe ?

05.pourquoi est-il essentiel pour l'enfant de trouver un pseudonyme? Que cherche t il à travers ce faux nom ?

06.Qui sont les personnages dont les noms sont "deja pris" ? que reve donc de devenir le jeune Romain ?

07.Expliquez la remarque de la mere: "il vaut peut etre mieux prendre un nom sans particule, s'il y a encore une revolution

.

08.Pourquoi le nom de "charles de Gaulle" aurait sans doute plu à la mere ? Pourquoi aurait elle surement prefere qu'il s'ecrive avec un seul "L" ?

09.Relevez deux mots appartenant au champ lexical de la reussite et deux mots appartenant au champ lexical de l'incetitude (du doute), puis interpretez l'association de ces deux champs lexicaux.

10."Apres chaque chapelet de noms" (L.8) : identifiez la figure de style et expliquez la.

11."malheuresement" (L.10) :expliquez la formation de ce mot ; et donnez sa classe grammaticale ; relevez dans le texte un mot de meme nature forme de la meme maniere.

12.a) Relevez deux expressions qui montrent que le narrateur exagere, se moquant ainsi de lui meme. b) Caracterisez le ton de cet extrait.

Reecrivez le passage suivant en mettant le premier verbe au conditionnel et faites toutes les modifications necessaires

.

Cela continuait pendant des pages et des pages. Apres chaque chapelet de noms, nous nous regardions, et nous hochions tous les deux la tete. Cela n'etait pas ça - ce n'etait pas ça du tout. Au fond, nous savions fort bien, l'un et l'autre, les noms qu'il nous fallait-malheuresement, ils etaient deja tous pris.

Aide moiii S.V.P je suis super nulle en français mais en echange je peus vous aide en Espanhol,Portugais Merciii d'avance =D C'est super URGENT :(

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Réponses

Meilleure réponse !
  • PAU64
  • Modératrice Junior
2013-02-17T01:13:48+01:00

1. On dirait que l'auteur, le narrateur et le personnage principal sont en fait qu'un personnage car dans cet extrait il y a toujours "je".

 

2. Dans le premier paragraphe "nous" désigne Romain et sa mère.

Grâce à ce pronom "nous" on se sent plus dans l'histoire.

 

3. Je vois de l'imparfait "ma mère passait".

    Et du passé composé "la vie est pavée".

 

4. C'est du présent de vérité générale.

 

5. Je pense que c'est pour se protéger que l'enfant a choisi un pseudonyme.

Il cherche à se protéger.

 

6. Les personnages sont "Goethe" ; "Shakespeare" et "Victor Hugo".

Donc Romain veut devenir poète.

 

7. Je ne sais pas DSL

 

12. b. Cela continurait pendant des pages et des pages. Après chaque chapelet de noms, nous nous regarderions, et nous hocherions tous les deux la tete. Cela ne serait pas ça

- ce ne serait pas ça du tout. Au fond, nous saurions fort bien, l'un et l'autre, les noms qu'il nous faudrait

 

J'espère t'avoir aider :-D

Tu peux me mettre la meilleure réponse STP ;-) mais tu n'es pas obligée si tu n'as pas envie.