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2013-02-03T10:14:43+01:00

trop de choses à rajouter donc je ne te rajoute pas sur le commentaire mais sur ce tu as fait parvenir il y a 13 heures .Donc rappel: 1ère partie aujourd'hui 2ème partie ici.Salut

 

 

N'est-ce pas au fond toute la force de la démonstration qui fort de son abstraction
précisément c'est-à-dire de son aspect formel, se libère même de l'expérience sensible. En effet, par
la démonstration, par cet exercice de la raison, l'homme s'émancipe précisément de l'expérience
qu'il peut avoir du monde par le biais de sa sensibilité, de ses sens. La raison me permet de penser,
d'anticiper, ou même de reconstruire ce que je ne peux pas montrer, ce dont je ne peux pas faire
l'expérience. Je me désolidarise de la réalité sensible, j'attends moins d'elle et du témoignage de mes
sens que des constructions de ma raison. On a tous en tête l'inspecteur de police dans les films qui
tente de reconstruire par raisonnement une réalité à laquelle il n'a pas pu assister. A partir d'un
élément donné, il va parvenir par inférence à retrouver comment les choses se sont réellement
passées. On peut ainsi tout démontrer par ce que l'on peut démontrer ce qu'on n'a pas vu, ce que l'on
ne peut montrer dans l'expérience, ou même anticiper un donné que l'expérience ne m'a pas encore
offert (cf. énoncé contrefactuel).
On comprend ici deux choses: l'efficience d'une démonstration mathématique ainsi que
son utilisation en physique.. Les mathématiques se fichent du réel tel que je le perçois par mes
sens, pour être un peu brutal dans la formulation. Ainsi, nous connaissons la géométrie d'Euclide
dont les notions primitives, les axiomes, reposent précisément su rl'expérience sensible. Ainsi,
lorsque Euclide évoque ce qu'on appelle le postulatum, soit le fait que par un point donné par
rapport à une droite ne peut passer qu'une seule parallèle, nous avons ici une vérité si l'on peut dire
sensible, elle vient de l'expérience. Ainsi, Euclide fait reposer sa géométrie sur des axiomes qui euxmêmes reposent sur l'expérience. Mais, la grande force des mathématiques est précisément illustrée
par la venue au 19ème siècle des géométries non-euclidiennes où l'on va revenir sur ce fameux
postulatum: Riemann va imaginer un système géométrique qui par précisément des axiomes
d'Euclide tout en modifiant le postulatum (par ce point par rapport à une droite donnée, ne passe
aucune parallèle); Lobatchevski va quant à lui également reprendre l'axiomatique de Euclide en
modifiant également le postulatum (par ce point par rapport à une droite donnée, passe une infinité
de parallèles). Dans ces deux cas, on propose des démonstrations géométrique à partir d'un axiome
contre-intuitif, qui ne repose plus sur l'expérience. Pourtant, ces géométries fonctionnent tout de
même, et sont même parvenues, en rentrant dans le champ physique, la découverte de nouvelles
théories expliquant la réalité (cf la relativité restreinte, la mécanique quantique).
Au fond, la démonstration porte sur tout du fait même qu'elle est une production de la raison
qui ne s'appuie que sur la manière dont s'enchaîne les choses. Mais l'univers est-il logique ou
entièrement logique? Est-ce que toutes les choses se structurent entre elles de manière logique? Y
a-t-il toujours une logique du réel, une cosmologie justement?
On peut en effet commencer par s'interroger sur une véritable limite externe de la
démonstration puisqu'on peut imaginer qu'il existe certaines choses qui ne se structurent pas sur le
modèle logique. Les sciences humaines par exemple ne posent-elles pas une limite à la
démonstration du fait même qu'elle porte sur des objets qui ne s'articulent pas de manière logique.
Kant, dans les Premiers principes de métaphysique des sciences de la nature, évoque justement le
cas particulier de la psychologie. Il serait difficile au sein de cette discipline de penser au fond une
mathématisation de l'expérience psychologique. Les phénomènes dont s'occupe la psychologie, sont
des phénomènes de ce que Kant appelle le sens interne, c'est-à-dire qu'ils se déroulent toujours
dans le temps, ils engagent le temps. Les phénomènes psychiques et individuelles ne cessent au
fond de se modifier selon le flux même du temps, c'est-à-dire en d'autres termes selon le flux
même du temps, selon une succession continue. Ainsi, le désir, le souvenir (etc.) ne se passent pas
en un instant, ils ne sont pas ponctuels et instantanés, mais bien plutôt dynamiques, continus. Or,
il faut comprendre ici en quoi cela empêche toute connaissance objective. Kant nous rappelle que
toute connaissance objective commence par la synthèse d'une appréhension. Cette dernière
consiste, à partir de diverses impression sensorielles à faire une synthèse, c'est-à-dire faire de ces
différents moments perceptif une unité dans un présent qui rassemble donc (par exemple: si
j'étudie objectivement la chute d'une pierre, je vais opérer la synthèse des instants successifs de lachute dans un moment général. La pierre était à tel point à tel instant, tel autre point à tel autre
instant, et je fais la synthèse de tous ces points instantanés dans un moment qui est toute la chute au
présent). Cela suppose que l'objet étudié (ici la chute d'un corps) soit décomposable en plusieurs
phases instantanées. Or, peut-on faire cela avec, par exemple, un sentiment? Ne risque-t-on pas
au fond de perdre alors ce qui fait le propre du sentiment comme phénomène psychique
s'écoulant précisément dans le temps, soit de manière continue? Nous pouvons utiliser ici une
comparaison avec la musique: est-ce que je conserverai l'effet d'une mélodie, et même ce qu'est une
mélodie, si je la décompose en phase successive, voire même en notes seules jouées une à une? 
je ne peux pas en rajouter l'organisateur  ne veut pas .