Réponses

2014-10-30T16:25:59+01:00
Un événement apocalyptique a frappé le monde. Le roman de Cormac MacCarthy s’ouvre sur un paysage de désolation et la route comme seul horizon. Il y aura la route, le chemin vers cette mer lointaine comme espoir de retrouver une vie non polluée, et les excursions pour trouver équipements et nourriture afin de poursuivre la route. Il y a un homme et un jeune garçon. Bien qu’ils souffrent de l'exposition au froid et du manque de nourriture, ils ne rencontrent pas trop de danger. Ils poursuivent leur route et le lecteur découvre leur monde. Mais ils vont être confronté à un groupe de survivants qui se sont constitué en horde barbare pour survivre : ils tuent, pillent, violent, mangent tous ceux qu’ils rencontre… L'homme et l’enfant, pris en chasse par la horde, essaient de se cacher. Mais un « barbare » les poursuit et l’homme est obligé de l’abattre. C’est un signe, ils ne doivent plus s’aventurer loin de la route. Plus tard, affamés, ils fouillent de vieilles maisons abandonnées et découvrent, horrifiés, un sous-sol complet de captifs humains détenus comme du bétail. Celui qui vit dans cette maison s’est constitué un garde-manger ! L'homme et l'enfant s’enfuient juste avant de se faire attraper par le gang qui vit dans cette maison.

Puis nos héros ont une période de chance, certes ponctuée de quasi-famine et de maladie, mais au moins ils n'ont plus à craindre les barbares. Au moment où ils sont tous les deux sur le bord de la famine, l'homme trouve un verger et un puits, ils ont de quoi boire, se nourrir et reconstituer leurs réserves, lesquelles s’épuisent malheureusement vite. Ils vont alors découvrir un abri plein de marchandises et de conserves. Ils passent quelques jours ici manger et à se reposer. Puis ils quittent le refuge. La nourriture dure pendant un certain temps jusqu'à ce que, une fois de plus, ils soient affamés. L'homme devient vraiment malade et fiévreux. Le garçon aperçoit une maison au loin - une autre grande découverte. Ils y restent un peu et puis s'en vont. Tout au long de leur périple, l’homme et l’enfant ont voyagé au sud et à l'est. L'homme pense qu’ils seront sauvés s’ils peuvent atteindre la côté, trouver un lieu plus sûr et plus chaud. Ce n'est pas un mince exploit, car ils doivent traverser les montagnes. Quand ils arrivent sur la côte, c'est une immense déception : tout semble aussi pollué et détruit qu’ailleurs… Mais l'homme aperçoit un navire naufragé à quelques centaines de mètres. C'est une promesse de nourriture et de choses utiles, comme un pistolet lance-fusées et des batteries. Ils mangent bien pendant un certain temps.

Puis le garçon tombe malade. L'homme reste à son chevet en essayant de le garder en vie. Dès qu’il va mieux, ils reprennent la route, et doivent affronter un voleur qui a tenté de s’emparer de leurs affaires. La manière dont l’homme a récupéré leurs affaires et dont il traite le voleur, manquant le tuer, effraie l’enfant, qui comprend que la situation peut engendrer le mal. Ils se dirigent vers le sud à travers une ville côtière, et font une mauvaise rencontre : un réfugié qui craint pour sa survie tire une flèche et touche l'homme à la jambe, le blessant sérieusement.

Ils reprennent la route et parcourent des terres désolées. Enfin, dans une forêt de pins, l'homme ne peut pas aller plus loin. Nous ne savons pas s'il meurt de la blessure de flèche ou la maladie respiratoire, il s’alite, et meurt avec le garçon à côté de lui. Il aura passé tout le chemin à tenter de le préparer à vivre dans le monde tel qu’il est devenu. Presque immédiatement, cependant, une autre famille apparaît sur la route, et ils prennent le garçon avec eux. C'est un peu surprenant, parce que nulle part ailleurs dans le roman nos héros ne rencontrent d’autres voyageurs non agressifs. Le roman se termine sur une note d'espoir : peut-être ces petits groupes de personnes humaines peuvent survivre et éventuellement reconstruire un monde vivable.

Prix Pulizer en 2007, La Route de Cormac McCarthy a été publié initialement chez Alfred A. Knopf (NY) en 2006, puis en 2008 en France aux éditions de l'Olivier, dans la traduction de François Hirsch, et enfin en poches dans la collection "Point seuil".