Henri Aimé Gauthé était soldat de deuxième classe, agent de
liaison puis téléphoniste. Après la guerre, ce combattant reprit
l’entreprise paternelle en remplacement de son frère aîné tué au combat.
Voici un extrait (non daté) de son journal de guerre.




La
traversée de Commercy* se fit au pas cadencé arme sur l’épaule. Il
importait de ne pas offrir le spectacle d’un troupeau incohérent et
flasque. Montrer à la population les signes extérieurs d’une troupe
organisée et disciplinée. […]
Par hasard, en levant les yeux,
j’aperçus une fillette jolie et mièvre un peu… A voir ses yeux émus et
admiratifs, j’ai compris que sans doute nous étions beaux… et grands.
Nous allions par là-bas, où l’on meurt, où l’on est défiguré, haché,
déchiré… et nous y allons… au pas, au son des cuivres aigus… Nous
portons dans nos cartouchières la mort. Nos fusils tuent. Nous sommes
forts et doux peut-être… Nous sommes une bête formidable qui pourrait
broyer cette enfant, sans la voir, sans entendre ses cris et sa plainte.
Son admiration est une vague d’effroi et de piété. Nous sommes un
énorme troupeau de formidables douleurs… […]
J’ai l’estomac trop
vide. Je suis trop sale et j’ai trop de poux. Je ne peux croire que
c’est le fumier qui fait la rose – et que notre pourriture acceptée par
le camp et la tranchée, que notre révolte, que notre douleur feront de
la justice ou du bonheur. Et quel égoïsme de dire à son frère : tu
mourras pour que je sois heureux !

QUESTIONS: 1)C'est
le fumier qui fait la rose: quelle figure de style cette phrase
contient-elle? Que désignent successivement les termes fumier et rose
2)Quels sentiments H.A Gauthé prête-t-il à a fillette au passage des soldats?
3)L'auteur éprouve-t-il de la satisfaction ? Qu'est qui le montre dans le texte ?

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Réponses

2014-10-12T23:37:35+02:00