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2014-03-22T21:17:25+01:00
Paralysé par la peur, je fermai les yeux ; car l’idée de regarder cette chose mystérieuse me terrifiait. Je sentis alors un souffle d’air glacé sur mon visage. Horrifié, j’ouvris les yeux dans le but de trouver un endroit ou me cacher. Mal m’en prit  : devant, derrière, à côté de moi… Il n’y avait rien.  Rien qu’un vide effroyable. J’aurai préféré que la « chose » soit palpable, au moins, j’aurai su comment lutter… Pendant quelques minutes interminables, j’écoutais sans rien entendre,  je scrutais sans rien voir, m’abstenant de respirer. Le doute s’empara de ma pensée. N’avais-je pas rêvé ?  L‘obscurité dense et opaque me jouait-elle un mauvais tour ? Presque soulagé par mon raisonnement, je décidai de regagner ma chambre. Après tout, la nuit ne porte-t-elle pas conseil ? 
Hélas ! A peine avais-je rejoins mon lit qu’une odeur pestilentielle envahit mes narines. Une odeur de cadavre.  Puis un cri, un cri strident retentit. Je me mis à courir vers l’extérieur de ma maison vite, très vite, très loin dans la nuit. Je repris mon souffle au milieu de la forêt quand tout à coup,  la fréquence des cris s’accéléra, ils formaient un cercle autour de moi. Je crus ma fin proche. Et pour cause, jamais je n’avais entendu de tels bruits excepté une fois, une seule, le soir de la mort de ma  mère.
C’était il y a longtemps, très longtemps, Rosalie Hawkings –car tel était son nom-  et moi nous promenions au crépuscule à l’autre bout de cette même forêt. J’avais alors cinq ans, et je débarquais dans la vie, insouciant, et naïf.  Nous approchions du cimetière de mon village quand soudain ces bruits, ces mêmes bruits, se firent entendre. Ma mère, dont la main était devenue glacée, me lâcha ; et son corps se raidit . Ses yeux s’écarquillèrent et elle me cria, elle hurla :
-RENTRE ! RENTRE A LA MAISON ! NE RESTE PAS ICI ET NE REVIENS JAMAIS !
Terrifié, Je m’enfuis en courant. Ma dernière vision de ma mère vivante fût celle-ci, s’élevant dans les airs, et hurlant, avant qu’elle ne retombe violemment contre une dalle mortuaire. Ce jour là, j’ai couru, laissant mes larmes glisser sur mes joues.