Réponses

2014-03-02T12:13:08+01:00


Voici les extraits du  texte où tu vas trouver tout ce qu'il te faut pour répondre à la question:


Là, après de brèves formalités, on leur délivra un  papier pompeusement timbré qui officialisait leur qua-
lité de colons. 
On leur assigna deux hectares de forêt, 
deux machettes, des bêches, quelques mesures de 
semences dévorées par les charançons, et la promesse 
d'une aide technique qui ne vint jamais. …………………
A voir couler le Nangaritza, on pouvait penser que  le temps avait oublié ces confins de l'Amazonie, mais 
les oiseaux savaient que, venues de l'occident, des 
langues puissantes progressaient en fouillant le corps 
de la forêt. 
D'énormes machines ouvraient des routes et les  Shuars durent se faire plus mobiles. Désormais, ils ne 
demeuraient plus trois ans de suite sur le même lieu 
avant de se déplacer pour permettre à la nature de se 
reformer. A chaque changement de saison, ils démon-
taient leurs cabanes et reprenaient les ossements de 
leurs 
morts pour s'éloigner des étrangers qui s'instal-
laient sur les rives du Nangaritza. 
Les colons, attirés par de nouvelles promesses d'éle- vage et de déboisement, se faisaient plus nombreux. Ils 
apportaient aussi l'alcool dépourvu de tout rituel et, par 
là, la dégénérescence des plus faibles. Et, surtout, se 
développait la peste des chercheurs d'or, individus sans 
scrupules, venus de tous les horizons sans autre but que 
celui d'un enrichissement rapide…………………. 
Un jour qu'il s'activait à la construction d'une piro- gue dont il voulait que la résistance soit à toute épreuve,
il entendit une explosion qui venait d'un bras du fleuve, 
et ce fut le signal qui accéléra son départ. 
Il courut jusqu'au lieu d'où provenait le bruit et y trouva un groupe de Shuars en pleurs. Ils lui montrèrent 
la masse des poissons morts qui flottaient à la surface 
et le groupe d'étrangers sur la plage qui pointaient leurs 
armes à feu. 
C'était un groupe de cinq aventuriers qui avaient fait  sauter le barrage de retenue d'une frayère pour prati-
quer un passage dans le courant. 
Tout alla très vite. Rendus nerveux par l'arrivée des  Shuars, les Blancs tirèrent, touchèrent deux indigènes 
et prirent la fuite dans leur embarcation. ………………….
    Les indiens= L'un était mort, la tête arrachée par la balle presque  à bout portant, et l'autre agonisait, la poitrine ouverte.  Colons ou chercheurs d'or, tous commettaient dans  la forêt des erreurs stupides. Ils la dévastaient sans pren-
dre la moindre précaution et, du coup, certains animaux 
devenaient féroces. 
Parfois, pour gagner quelques mètres de terrain, ils  déboisaient n'importe comment, laissant sans gîte un 
gypaète qui se rattrapait en leur tuant une mule, ou alors 
ils faisaient l'erreur d'attaquer les pécaris à collier à 
l'époque de la reproduction, ce qui transformait ces 
petits sangliers en monstres redoutables.
 

Et puis il y 
avait les gringos venus des installations pétrolières. 
Ceux-là arrivaient en bandes bruyantes, avec assez  d'armes pour équiper un bataillon, et pénétraient dans 
la jungle prêts à tirer sur tout ce qui 
bougeait. Ils 
s'acharnaient sur les jaguars sans se préoccuper de 
savoir s'il s'agissait de petits ou de femelles enceintes,  puis ils se photographiaient devant des douzaines de 
peaux clouées sur des planches, avant de repartir. 
Les gringos s'en allaient, les peaux restaient à pourrir  jusqu'à ce qu'une main charitable les jette dans le  fleuve, et les jaguars survivants se vengeaient en étri-
pant des bœufs faméliques. 

Antonio José Bolivar essayait de mettre des limites  à l'action des colons qui détruisaient la forêt pour édi-
fier cette œuvre maîtresse de l'homme civilisé : le 
désert.  Mais les animaux se faisaient rares. Les espèces sur- vivantes devenaient plus rusées et, à l'exemple des 
Shuars et d'autres cultures amazoniennes, les bêtes 
s'enfonçaient à leur tour dans les profondeurs de la 
forêt, en un irrésistible exode vers l'orient.