Quand on sort du gourbi, le froid vous mordille le menton, vous pique le nez comme une prise, il vous amuse. Puis il devient mauvais, vous grignote les oreilles, vous torture le bout des doigts, s’infiltre par les manches, par le col, par la chair, et c’est de la glace qui vous gèle jusqu’au ventre. Frissonnant, on danse. Un long piétinement se rapproche, un cliquetis d’armes. C’est la patrouille qui va sortir. Les hommes portent d’énormes cisailles au cou, comme les vaches suisses portent leurs cloches.

— Tu parles d’un business, dit le premier qui grimpe : il faut ramener chacun un bout de fil de fer boche, pour montrer qu’on y est allé… Comment qu’on va déguster !

Pesamment, ils escaladent le parapet, cherchent la chicane et s'éloignent, le dos voûté. Le silence retombe sur notre fosse obscure.Des veilleurs parlent à voix basse. Sous une toile de tente, glisse un mince fil de lumière : on doit faire du vin chaud. On entend monter des gourbis la respiration de ceux qui dorment : on dirait que la tranchée geint comme un enfant malade. Transi, je me remets à danser comme un ours devant mon créneau noir, sans penser à rien qu’à l’heure qui s’écoule. Nez à nez, les bras croisés, les hommes sautillent pesamment en bavardant, ou battent la semelle d’un rythme régulier. La nuit s’anime de ce bruit cadencé. Dans le cheminement, dans le boyau, la terre gercée résonne sous tous ces pieds cloutés. Toute la tranchée danse, cette nuit. Tout le régiment danse, cette veille d’attaque, toute l’armée doit danser, la France entière danse, de la mer jusqu’aux Vosges… Quel beau communiqué pour demain !

Questions: 1) Où la scène se déroule-t-elle ? Justifiez en vous appuyant sur les indications de lieu.

2) A quel temps le texte est-il écrit? Donnez sa valeur.

3) A qui renvoie le pronom on?

4) a) Relevez les verbes expriment l'action du froid sur les soldats.

b) Par quel figure de style souligne-t-on sa progression et sa force?

5) Quel effet produit l'emploie du pronom vous?

6) a) Pourquoi les hommes portent*ils des cisaillent autour du cou?

b) Quel effet produit la comparaison des soldats à des vaches?

7) Comment sont rapportées les paroles du poilu? ( ligne 8 à 10 ) De quel niveau de langue s'agit-il?

8) De la ligne 11 ( pesamment ils escaladent ) à 29 ( communiqué pour demain ) relevez le champs lexical de l'audition.

9) Je me remet à danser comme un ours ( L 17 - 18 ). De quel figure de style s'agit-il? Quel est l'effet produit?

10) Relevez le champs lexical de la danse. Vous semble-t-il surprenant?

11) a) Quel effet produit sur vous la lecture de tout le régime danse à la fin? b) Sur quel ton est prononcé la phrase « Quel beau communiqué pour demain ! »? Que le narrateur attaque-t-il en réalité?

12) En vous appuyant sur l’ensemble de vos réponse, montrez que l'auteur dénonce la guerre.

13) Réécrivez de « transi je me remet » à « pieds clouté » en mettant le texte au passé ( simple ou imparfait selon le cas ). Faites toutes les modifications nécessaires. Merci d'avance, j'ai déjà fait quelques question mais le devoir étant pour demain je n'aurais pas le temps de finir

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Réponses

2013-03-04T10:51:44+01:00

 J'ai que les réponses jusqu'à la 8° question, et je sais pas si c'est tout juste mais bon, voilà :

   1) La scène se déroule dans une tranchée: "gourbi" , "cliquetis d'armes" , "parapet (...) chicane".

2)Le texte est écrit au présent ,sa valeur est le présent de narration.

3)Le pronom"on" renvoie aux "soldats"

4)a) Les verbes qui expriment l'action du froid sont:"mordille", "pique", "grignote", "torture", "s'infiltre", "frissonnant","gercée".

    b)On souligne sa progression et sa forece par les figures de style suivante : personnificetion ou métaphore.

5) L'effet produit avec l'emploi du pronom "vous" est l'effet que le narrateur,Roland Dorgelès, nous parle.

6) a)Les hommes portent des cisailles au cou pour couper les fils de fer barbelés.

     b)L'effet produit par la comparaison des soldats à des vaches est un effet humoristique.

7) Les paroles du poilu sont rapportées comme un peu un ras-le -bol.Il s'agit du language familier.

8)Le champ lexical de l'audition des lignes 11 à 19 est le silence, le calme: "voix basse","respiration de ceux qui dorment","le silence", "bruit","résonne","on entend","battre la semelle"... .