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2014-03-08T20:12:40+01:00
Le roman de Tristan et Iseut se développe à partir d’une conception de l’amour en partie héritée du « fine amor » popularisé par les troubadours provençaux. Figure imposée de la littérature médiévale, l’amour courtois présente un certain nombre de caractéristiques fixées par la tradition littéraire :
La soumission à l’objet aimé : le chevalier se soumet entièrement à la fois à l’amour et à l’élue de son cœur envers qui il s’engage, établissant une relation qui s’énonce souvent comme un lien de quasi-vassalité.
L’exaspération des sentiments : le pouvoir de l’amour est souvent total, au point de conduire certains aux rives de la folie.
L’amour s’appuie sur des preuves et des gages : les amants s’échangent un anneau et des bijoux, gages de leur amour. Le chevalier donne des preuves de son engagement en combattant au nom de sa dame (en tournoi) ou en surmontant des épreuves particulières.
L’amour est impossible : parce qu’il se définit souvent hors mariage, empêché par des séries d’obstacles politiques ou sociaux insurmontables, l’amour courtois ne peut se réaliser. C’est d’ailleurs ce qui lui fournit sa tonalité lyrique : la « maladie d’amour » est un thème récurrent de la littérature courtoise.
L’amour qui unit Tristan et Iseut tient donc beaucoup de l’amour courtois : les amants sont entièrement soumis l’un à l’autre, leur amour est absolu et c’est une « folie », il est illégal et donc impossible, les amants s’échangent des gages (v. 2730).
Mais il serait réducteur de n’y voir qu’une forme de l’amour courtois. L’œuvre de Béroul possède une originalité qui donne aux