Réponses

2014-01-19T11:29:18+01:00
L'incipit c'est les premières phrases. Elle doit "accrocher" le lecteur
Il y a plein de manières de commencer une autobiographie.
Certains auteurs commencent par expliquer pourquoi ils le font, et certains assurent de leur sincérité, que tout ce qu’ils vont écrire est la vérité…. C’est le fameux « pacte autobiographique » ;
D’autres auteurs commencent tout simplement par raconter leur naissance, le lieu, leurs parents etc…
Voici des exemples
JEAN JACQUES ROUSSEAU qui a écrit ses "CONFESSIONS" qui est une autobiographie :
"Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme, ce sera moi.
 
SIMONE DE BEAUVOIR , «  MEMOIRES D’UNE JEUNE FILLE RANGEE »


"Je suis née à quatre heures du matin, le 9 janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc, qui donnait sur le boulevard Raspail. Sur les photos de famille prises l'été suivant, on voit de jeunes dames en robes longues, aux chapeaux empanachés de plumes d'autruche, des messieurs coiffés de canotiers et de panamas qui sourient à un bébé : ce sont mes parents, mon grand-père, des oncles, des tantes, et c'est moi. Mon père avait trente ans, ma mère vingt et un, et j'étais leur premier enfant… »

INCIPIT DE « ENFANCE » DE NATHALIE SARRAUTE : (sous forme de dialogue)

Alors, tu vas vraiment faire ça? "Évoquer tes souvenirs d'enfance"... Comme ces mots te gênent, tu ne les aimes pas. Mais reconnais que ce sont les seuls mots qui conviennent. Tu veux "évoquer tes souvenirs"... il n 'y a pas à tortiller, c'est bien ça.
- Oui, je n'y peux rien, ça me tente, je ne sais pas pourquoi...
- C'est peut-être... est-ce que ce ne serait pas... on ne s'en rend parfois pas compte... c'est peut-être que tes forces déclinent...
- Non, je ne crois pas... du moins je ne le sens pas...
- Et pourtant ce que tu veux faire... "évoquer tes souvenirs"... est-ce que ce ne serait pas...
- Oh, je t'en prie...
- Si, il faut se le demander : est-ce que ce ne serait pas prendre ta retraite? te ranger? quitter ton élément, où jusqu'ici, tant bien que mal...
- Oui, comme tu dis, tant bien que mal...
 

CHATEAUBRIANT :

J’étais presque mort quand je vins au jour. Le mugissement des vagues, soulevées par une bourrasque annonçant l’équinoxe d’automne, empêchait d’entendre mes cris : on m’a souvent conté ces détails ; leur tristesse ne s’est jamais effacée de ma mémoire. Il n’y a pas de jour où, rêvant à ce que j’ai été, je ne revoie en pensée le rocher sur lequel je suis né, la chambre où ma mère m’infligea la vie, la tempête dont le bruit berça mon premier sommeil, le frère infortuné qui me donna un nom que j’ai presque toujours traîné dans le malheur. Le Ciel sembla réunir ces diverses circonstances pour placer dans mon berceau une image de mes destinées  

MARCEL PAGNOL « LA GLOIRE DE MON PERE »

Je suis né dans la ville d’Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers. Garlaban, c’est une énorme tour de roches bleues, plantées au bord du Plan de l’Aigle, cet immense plateau rocheux qui domine la verte vallée de l’Huveaune. La tour est peu plus large que haute : mais comme elle sort du rocher à six cents mètres d’altitude, elle monte très haut dans le ciel de Provence, et parfois un nuage blanc du mois de juillet vient s’y reposer un moment

  CAVANNA « LES RITALS »  

C’est un gosse qui parle. Il a entre six et seize ans, ça dépend des fois. Pas moins de six, pas plus de seize. Des fois il parle au présent, et des fois au passé. Des fois il commence au présent et il finit au passé, et des fois l’inverse. C’est comme ça, la mémoire, ça va ça vient. Ça rend pas la chose plus compliquée à lire, pas du tout, mais j’ai pensé qu’il valait mieux vous dire avant. C’est rien que du vrai. Je veux dire, il n’y a rien d’inventé.