Bonsoir j'aurais besoin d'aide pour ces questions!

1" Qu’est-ce que la règle des trois unités dans le théâtre classique ? Est-elle respectée dans
L’École des femmes ?
2) Sur quel procédé caractéristique de la comédie est fondée la relation entre Horace et
Arnolphe ? Quel parti en tire Molière ?
3) L’œuvre comporte-t-elle des passages de farce ?
4) En quoi Molière renouvelle-t-il la figure du barbon avec le personnage d’Arnolphe ?
5)Dans quelle mesure peut-on dire qu’Agnès donne des leçons à Arnolphe, au spectateur ?

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Réponses

2013-05-23T15:46:13+02:00

1. Qu’est-ce que la règle des trois unités dans le théâtre classique ? Est-elle respectée dans
L’École des femmes ?
Réponse : pour l’essentiel, reprise de ce qui a été fait dans le cours.
2. Sur quel procédé caractéristique de la comédie est fondée la relation entre Horace et
Arnolphe ? Quel parti en tire Molière ?
Leur relation est établie est sur un quiproquo puisqu’Horace ignore qu’Arnolphe est Monsieur de la Souche. Le croyant son ami,
le jeune homme en fait son confident : « J’ai d’amour en ces lieux eu certaine aventure ; / Et l’amitié m’oblige à vous en faire
part » (v. 305). Molière exploite ce quiproquo – autrement dit les scènes de confidence – pour introduire des récits, exécutés
par Horace devant Arnolphe, des scènes galantes qui se sont déroulées hors scène entre Agnès et Horace. Cela lui permet tout
à la fois d’éviter la représentation de scènes particulièrement farcesques (en particulier, la pluie de coups qui s’abat sur
Horace), de créer des rebondissements dans l’action puisque, à chaque fois, Arnolphe voit ses plans déjoués, de donner une
peinture de la jalousie en paroles et en actes, car, au portrait qu’Horace trace du jaloux, s’ajoutent sur scène les propres
réactions d’Arnolphe. Enfin et surtout, ce quiproquo permet de prouver à tout un chacun combien la jalousie est ridicule et
proche de la folie. Par ces récits, le spectateur se trouve en quelque sorte « purifié » de ce vice.
3. L’oeuvre comporte-t-elle des passages de farce ?
L’oeuvre comporte peu de passages de farce. Ce qui aurait pu donner lieu à des scènes de farce, comme le fait qu’Alain et
Georgette se disputent quand ils croient qu’Horace s’est blessé sérieusement dans sa chute (acte V, scène 2). Les seules
scènes de farce se trouvent au début de la pièce et sont liées à la présence d’Alain et Georgette : à la scène 2 de l’acte I,
lorsque les deux serviteurs se battent pour ouvrir la porte à leur maître qui attend à l’extérieur de la maison, dans les scènes 1
et 2 de l’acte 2, quand Arnolphe cherche à attraper ses serviteurs pour les tancer, à la scène 3 de l’acte II, où la discussion ente
Georgette et Alain donne lieu à des allusions cocasses et à la métaphore grivoise : « La femme est le potage de l’homme. »
Cned – 7FR20CTPA0512 2/2
4. En quoi Molière renouvelle-t-il la figure du barbon avec le personnage d’Arnolphe ?
La figure du barbon est traditionnelle dans l’Antiquité depuis la comédie nouvelle grecque, et de la comédie latine mieux
connue. On le retrouve dans la commedia dell’arte aux XVIe et XVIIe siècles. C’est un personnage âgé (le senex, le vieux en
latin), qui peut être traité selon deux modalités : comme père ou tueur sévère et avare, qui refuse de donner de l’argent à ses
enfants et les aider dans leur entreprise amoureuse (le père de la comédie plautienne) ; comme vieux repoussant qui s’éprend
d’une jeune fille et s’interpose dans le projet de mariage entre celle-ci et son galant (Pantalon dans la commedia dell’arte).
Arnolphe concentre en une seule ces deux figures, toutes deux antipathiques, ce qui n’est pas absolument novateur. Mais
l’originalité du traitement de ce personnage dans L’École des femmes réside dans la complexité de son caractère. Arnolphe
n’est pas seulement un méchant, que l’on se réjouit de voir trompé, mais c’est un personnage pitoyable qui apparaît atteint de
folie, de la folie de la jalousie qui le mène à sa perte ; car il est vraiment tombé amoureux d’Agnès. Il attire sur lui aussi bien le
rire que la pitié des spectateurs. Ainsi, il fait rire quand Horace lui conte l’épisode la pierre jeté et lui demande rire de Monsieur
de la Souche, c’est-à-dire de lui-même : « Trouvez-vous pas plaisant quel personnage / A joué mon jaloux dans tout ce
badinage ? / Dites. » et Arnolphe de répondre sur un ton qu’on imagine pincé : « Oui, fort plaisant » (v. 924-926). La didascalie
le confirme : « Arnolphe rit d’un air forcé ».Il fait pitié quand il supplie – en vain – Agnès de l’aimer : «…me voyant si bon, en
revanche aime-moi. » (v.1583).

5. Dans quelle mesure peut-on dire qu’Agnès donne des leçons à Arnolphe, aux spectateurs ?
Agnès évolue au cours de la pièce et les causes de son évolution sont instructives. La toute jeune fille à l’« innocence à nulle
autre pareille » (v. 163) se rend compte qu’Arnolphe l’a volontairement laissée dans l’ignorance et privée d’éducation : « Vous
avez là-dedans bien opéré vraiment, / Et m’avez fait en tout instruire joliment ! / Croit-on que je me flatte, et qu’enfin, dans ma
tête, / Je ne juge pas bien que je suis une bête ? » (v. 1554-1557). Instruite grâce à l’amour, Agnès montre à Arnolphe et aux
spectateurs que la femme n’est pas cet animal, cet être privé de raison qu’il croit, et que, aiguillonnée par l’amour, elle peut faire
preuve d’intelligence. La jeune fille conquiert sa liberté grâce à la conquête de la parole : elle se met à écrire à Horace pour lui
communiquer ses sentiments et pour agir. Arnolphe l’a bien compris qui s’exclame, furieux : « Voilà, friponne, à quoi l’écriture te
sert ; et contre mon dessein, l’art t’en fut découvert ». Elle se met à discuter avec Arnolphe, à opposer des arguments à ceux
qu’il lui donne, ce qui montre l’importance de l’instruction. Elle démontre aussi à Arnolphe et aux contemporains de Molière que
le désir et l’amour ne se commandent pas : « Le moyen de chasser ce qui fait du plaisir ? » (v.1527). Par conséquent, les
mariages imposés, contre le désir des jeunes gens, ont toutes les chances de se révéler désastreux pour l’époux, trompé et
peut-être malheureux de ne pas se sentir aimé. En ce sens, elle se fait porte-parole au nom de Molière et de nombre de ses
contemporains en faveur de l’émancipation féminine.

 

Voilà la copie du corrigé type, à toi de ne pas faire du copié collé, mais juste de t'en insipirer !! Bonne chance :)